📅 Article publié le 14 octobre 2026. Les montants et dispositifs cités sont ceux en vigueur à cette date ; ils évoluent chaque année.
Un doute sur la mémoire d'un proche : par où commencer ?
Des oublis qui se répètent, des rendez-vous manqués, des objets introuvables, une humeur qui change : quand ces signes s'installent, la première question est souvent « à qui s'adresser, et que va-t-on lui demander ? ». Cet article suit le parcours de diagnostic pas à pas, de la consultation chez le médecin traitant jusqu'à la consultation mémoire, avec les examens que l'on peut vous proposer et ce qui se passe ensuite.
Il s'appuie sur les pages d'information de l'Assurance maladie, de France Alzheimer, de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France et de la Fondation Recherche Alzheimer. Il ne remplace pas un avis médical : seul un médecin peut poser un diagnostic.
Si les premiers signes vous inquiètent : notre article Reconnaître les premiers signes d'Alzheimer aide à distinguer ce qui relève de l'âge de ce qui mérite un avis médical.
Étape 1 : le médecin traitant
Selon l'Assurance maladie, une consultation médicale est nécessaire si les troubles de la mémoire persistent, s'aggravent ou inquiètent. Le médecin traitant mène un entretien avec la personne et avec son entourage proche : c'est une première évaluation de la mémoire et de ses conséquences sur la vie quotidienne.
Il peut interroger la mémoire du passé lointain (dates et lieux d'événements importants de la vie, emplois successifs), les connaissances générales et la mémoire du passé proche (actualités récentes, dernier trajet effectué, dernier anniversaire fêté). Il cherche aussi à savoir :
- si les troubles sont apparus brutalement ou progressivement ;
- comment ils évoluent et ce qu'ils changent au quotidien : oublis de prises de médicaments, de rendez-vous, de rangement des affaires ;
- s'ils sont une simple gêne ou si la personne a besoin d'aide-mémoire, voire d'une aide extérieure ;
- quelles maladies et quels traitements sont en cours.
Le médecin peut ensuite prescrire des tests de mémoire, comme le Mini-Mental State Examination (MMSE), et un bilan médical complémentaire (IRM cérébrale, prise de sang). L'Assurance maladie précise qu'un seul test ne suffit pas pour poser un diagnostic : il faut souvent le renouveler, et les résultats s'interprètent selon l'âge, le niveau socioculturel, l'état affectif (anxiété, dépression) et le niveau de vigilance.
Étape 2 : écarter les causes qui se soignent
Tous les troubles de la mémoire ne sont pas une maladie d'Alzheimer. L'Assurance maladie rappelle que le médecin recherche d'abord une explication qui peut être traitée, car les troubles peuvent alors être améliorés de manière significative. Parmi les pistes citées :
- certains médicaments, tout particulièrement les anxiolytiques (benzodiazépines) et les somnifères ;
- un sommeil perturbé ;
- des difficultés psychologiques, une dépression par exemple ;
- un alcoolisme chronique ;
- une intoxication chronique au monoxyde de carbone.
France Alzheimer ajoute à cette liste les carences en vitamines ou en hormones, la déshydratation, les infections et les effets indésirables de médicaments, qui sont recherchés par un bilan médical général. C'est une bonne raison de ne pas attendre : ces causes, repérées assez tôt, peuvent être traitées.
Étape 3 : la consultation mémoire
Lorsque les troubles sont avérés ou que la situation est complexe, le médecin oriente vers une consultation mémoire. Selon France Alzheimer, il s'agit d'une structure spécialisée dans l'évaluation, le diagnostic et le suivi des troubles cognitifs, et d'une étape centrale du parcours de soins. Elle est assurée par une équipe pluridisciplinaire :
- un médecin spécialiste (neurologue, gériatre, neuro-psycho-gériatre ou psychiatre) ;
- un professionnel de l'évaluation cognitive (psychologue, neuropsychologue ou orthophoniste).
Elle peut être organisée à l'hôpital ou en ville, notamment dans des centres de santé ou des structures spécialisées. Le médecin traitant reste l'interlocuteur de référence tout au long du parcours.
Ce que fait une consultation mémoire
- poser le diagnostic lorsque cela est possible, et l'annoncer dans des conditions respectueuses et adaptées ;
- proposer un plan personnalisé de soins et d'aides ;
- mettre en place, si nécessaire, un traitement médicamenteux ;
- organiser le suivi dans la durée, avec le médecin traitant.
Trois niveaux, y compris en Île-de-France
L'Agence régionale de santé d'Île-de-France distingue trois niveaux de consultations mémoire :
- les consultations mémoire de proximité, en cabinet libéral ou en établissement de santé ;
- les consultations mémoire de territoire, en établissement de santé, qui disposent d'un plateau technique (scanner, IRM, biologie) ;
- les centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR), qui interviennent en recours pour les diagnostics et prises en soins complexes.
À la date de mise à jour de sa page, l'ARS indique que 68 consultations mémoire sont labellisées en Île-de-France. Parmi les CMRR parisiens figurent le GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, l'hôpital Lariboisière et, en site double, les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et Broca. La liste complète, par département, est publiée par l'ARS ; la Fédération des centres mémoire tient aussi une cartographie nationale (centres-memoire.fr).
Les examens que l'on peut vous proposer
France Alzheimer rappelle que le diagnostic est complexe et progressif : les symptômes évoluent et la frontière entre troubles bénins et pathologiques n'est pas toujours nette aux premiers stades. La démarche repose donc sur une évaluation globale, qui combine plusieurs examens, conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé.
| Examen | À quoi il sert |
|---|---|
| Examen clinique et entretien | Recueillir la plainte de la personne et de son entourage, évaluer le retentissement sur la vie quotidienne. |
| Bilan neuropsychologique | Tests standardisés qui explorent la mémoire, le langage, l'attention, le raisonnement et les fonctions exécutives. Outil clé du repérage précoce. |
| IRM cérébrale | Repérer certaines atrophies et écarter d'autres causes (accident vasculaire cérébral, tumeur, hydrocéphalie). Un scanner peut la remplacer si l'IRM est contre-indiquée, par exemple en présence d'un pacemaker. |
| Examen neurologique | Repérer des signes associés : troubles de la marche ou de l'équilibre, syndrome parkinsonien. |
| Bilan médical général | Rechercher des causes réversibles : carences, déshydratation, infection, effets de médicaments. Les analyses de sang et d'urine y contribuent. |
| Biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien | Ponction lombaire non systématique, proposée dans des situations particulières : diagnostic complexe, forme atypique, personne plus jeune. |
Le test sanguin pTau217
Selon la Fondation Recherche Alzheimer, un test sanguin mesurant la protéine pTau217 est disponible en France depuis fin 2025, en ville comme à l'hôpital, pour aider à confirmer ou écarter un diagnostic. Il ne s'agit pas d'un test de dépistage accessible à tous : il est réservé aux personnes de plus de 50 ans qui présentent déjà des troubles cognitifs et sont engagées dans un parcours diagnostique. Sa prescription est strictement encadrée et relève d'un médecin de consultation mémoire ou d'un médecin spécialisé (neurologie, gériatrie, psychiatrie) formé à ces pathologies. Inutile donc de le demander en dehors d'un parcours médical.
Combien de temps cela prend-il ?
Il n'existe pas de durée standard. La Fondation Recherche Alzheimer prévient qu'il se peut que le diagnostic ne puisse pas être posé dès la première consultation dans un centre spécialisé. Plusieurs examens et rendez-vous sont parfois nécessaires. Pour limiter les déplacements, certaines consultations mémoire hospitalières proposent une hospitalisation de jour : l'ensemble des examens est alors réalisé sur une même journée.
France Alzheimer encourage les proches à demander à accompagner la personne pendant cette journée, ce qui est le plus souvent possible : cette présence peut diminuer son anxiété et faciliter les échanges avec les professionnels.
Un second avis, quand ? D'après France Alzheimer, un diagnostic posé à l'issue d'une démarche complète et argumentée est rarement remis en cause. En revanche, si l'annonce a été faite de manière isolée, sans véritable bilan (par exemple pendant une hospitalisation pour un autre motif), il est important de la confirmer auprès d'une consultation mémoire ou d'un spécialiste.
Préparer le rendez-vous
Pour que la consultation soit utile, quelques réflexes aident, en vous appuyant sur ce que les médecins demandent :
- Noter ce que vous observez : nature des oublis, depuis quand, ce qui a changé dans les habitudes, la gestion des papiers, l'humeur. La plainte de l'entourage est l'un des éléments du diagnostic, selon la Fondation Recherche Alzheimer.
- Apporter les ordonnances en cours : les médicaments font partie des causes à écarter.
- Penser à la vue et à l'audition : l'Assurance maladie souligne qu'une baisse de la vue ou de l'audition aggrave les troubles de mémoire et d'orientation. Lunettes et appareils auditifs adaptés comptent.
- Venir accompagné, si la personne l'accepte, pour compléter ses réponses et retenir les explications.
Après le diagnostic : un suivi et un plan d'aides
Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé citées par France Alzheimer, le suivi médical est généralement organisé tous les six mois la première année après le diagnostic, puis au moins une fois par an, ou davantage si la situation le nécessite. Des consultations de suivi peuvent parfois se faire à distance, en téléconsultation.
La prise en charge repose principalement sur des traitements non médicamenteux, indique l'Assurance maladie : soins du corps, réadaptation, techniques cognitives et comportementales, avec l'intervention d'une équipe pluridisciplinaire (orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, infirmier...) et le soutien d'un aidant. L'Assurance maladie précise aussi qu'il n'existe pas de traitement pouvant prévenir, guérir ou stopper l'évolution de la maladie, et que les médicaments spécifiques ne sont plus remboursés depuis le 1er août 2018.
Et pour la vie quotidienne ?
Le diagnostic ouvre aussi la porte à des démarches pratiques. Selon la situation de votre proche, plusieurs solutions peuvent se combiner :
- l'évaluation du niveau de dépendance et l'aide financière qui en découle : voir GIR et grille AGGIR et comment remplir la demande d'APA ;
- un temps de répit pour l'aidant : accueil de jour, hébergement temporaire ;
- un logement plus sûr : adapter le logement avec Alzheimer ;
- un accompagnement humain à domicile : aide à domicile à Paris et compagnie et conversation.
Pour une vue d'ensemble de la maladie, voir aussi notre page comprendre Alzheimer.
Notre place dans ce parcours : Solution Autonomie n'est ni un cabinet médical ni un établissement de santé, et ne pose aucun diagnostic. Une fois le bilan fait, nous aidons les familles de Paris et d'Île-de-France à organiser le quotidien à domicile et à s'y retrouver dans les démarches d'aides. Si vous avez besoin d'en parler, un premier appel est gratuit.
Questions fréquentes
Qui peut poser un diagnostic de maladie d'Alzheimer ?
Seul un médecin. Le parcours commence en général chez le médecin traitant, qui oriente vers une consultation mémoire (équipe pluridisciplinaire animée par un médecin spécialiste : neurologue, gériatre, psychiatre) ou vers un neurologue.
Faut-il passer par le médecin traitant pour une consultation mémoire ?
Le médecin traitant joue un rôle essentiel pour orienter vers la consultation la plus adaptée et reste l'interlocuteur de référence tout au long du parcours, selon France Alzheimer. Commencez donc par lui.
Le diagnostic est-il posé dès le premier rendez-vous ?
Pas toujours. La Fondation Recherche Alzheimer indique qu'il se peut que le diagnostic ne puisse pas être posé dès la première consultation dans un centre spécialisé : plusieurs examens et rendez-vous sont parfois nécessaires.
Peut-on faire le test sanguin pTau217 sans symptômes ?
Non. Selon la Fondation Recherche Alzheimer, ce test n'est pas un test de dépistage : il est réservé aux personnes de plus de 50 ans qui présentent déjà des troubles cognitifs et sont engagées dans un parcours diagnostique, sur prescription d'un médecin habilité.
Où trouver une consultation mémoire en Île-de-France ?
L'Agence régionale de santé d'Île-de-France publie la liste des consultations mémoire labellisées, par département. La Fédération des centres mémoire propose aussi une cartographie nationale sur centres-memoire.fr. Votre médecin traitant peut vous indiquer la plus adaptée.
Peut-on accompagner son proche pendant les examens ?
Le plus souvent oui, et c'est légitime de le demander, d'après France Alzheimer : votre présence peut diminuer son anxiété et faciliter les échanges avec les professionnels, notamment lors d'une journée d'hospitalisation de jour.
Sources
- France Alzheimer – Les consultations mémoire (Aides Alzheimer)
- ARS Île-de-France – Les consultations mémoire
- ameli – Bilan mémoire et traitement des troubles de la mémoire
- ameli – Maladie d'Alzheimer : traitement et rôle des aidants
- Fondation Recherche Alzheimer – Diagnostic de la maladie d'Alzheimer
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