Solution Autonomie › Blog › Santé

Chute d'une personne âgée : que faire et comment la prévenir

Les premiers gestes après une chute, les signes qui doivent faire consulter, puis la prévention pièce par pièce : logement, chaussures, médicaments, téléassistance et aides pour financer les aménagements.

🚑 Sur le moment : qui appeler et quoi dire aux secours
🩺 Après la chute : quand en parler au médecin
🏠 Prévenir la suivante : pièce par pièce, et les aides
Une aidante donne le bras à une femme âgée qui marche avec une canne dans un couloir bien éclairé, sans tapis au sol

📅 Article publié le 13 octobre 2026. Les montants et dispositifs cités sont ceux en vigueur à cette date ; ils évoluent chaque année.

Chute d'une personne âgée : que faire, et après ?

La chute d'un parent âgé fait peur, et l'on ne sait pas toujours quoi faire en premier. Elle est pourtant fréquente. Selon l'Assurance maladie, parmi les plus de 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois par an.

Nous suivons l'ordre des événements : les premiers gestes, quand consulter, puis la prévention pièce par pièce, d'après des pages officielles (Assurance maladie, portail Pour les personnes âgées, Haute Autorité de santé, ARS Île-de-France).

En cas de doute ou de blessure, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Cet article informe : il ne remplace pas l'avis d'un médecin et ne donne aucun conseil médical individualisé. Solution Autonomie n'est pas un service médical.

Sur le moment : les premiers gestes

Prendre quelques instants

Après une chute, l'Assurance maladie conseille de rester calme, de respirer profondément, puis de bouger les bras et les jambes pour vérifier qu'on n'est pas blessé. En cas de malaise, il faut attendre qu'il passe avant d'essayer de se redresser. Si vous êtes auprès de votre proche, laissez-lui ce temps. Ne le brusquez pas.

Si la personne ne peut pas se relever

Elle n'a peut-être plus la force, ou la chute a causé une lésion : l'Assurance maladie cite une fracture du col du fémur, une entorse de cheville ou une fracture du poignet. Il faut obtenir de l'aide :

  • avec une téléassistance, appuyer sur le médaillon : le service répond 24 heures sur 24 ;
  • avec un téléphone mobile, composer le 112 ;
  • sans téléphone, appeler à l'aide ou faire du bruit avec un objet ;
  • en se glissant vers un téléphone fixe, appeler le 15.

En attendant les secours, la personne prend la position la plus confortable. Si c'est possible, elle surélève sa tête avec un coussin, se couvre pour rester au chaud et bouge les bras et les jambes.

Vous êtes témoin : notre conseil de prudence

Les pages officielles que nous avons lues ne décrivent pas de technique pour relever une autre personne. Nous n'en proposons donc pas. Par prudence, tant qu'un doute subsiste (douleur, blessure, impossibilité de bouger), nous préférons ne pas tirer la personne pour la relever brusquement : appelez le 15 ou le 112 et laissez les secours décider. Restez près d'elle et parlez-lui calmement.

Au téléphone, l'Assurance maladie recommande de parler calmement et clairement, de donner votre numéro, votre nom et celui de la personne, l'adresse exacte (étage, code d'accès) et une description précise des symptômes, puis de ne pas raccrocher avant que votre interlocuteur ne vous le demande. Si votre proche prend un anticoagulant, notez-le : l'ARS Île-de-France rappelle que certains traitements augmentent le risque de complication en cas de chute.

Se relever seul, sans aucune douleur

L'Assurance maladie décrit une manœuvre à apprendre avant d'en avoir besoin, avec quelqu'un à côté : se mettre sur le ventre, passer à quatre pattes près d'un meuble solide, poser les deux mains dessus, se relever doucement, puis s'asseoir.

Après la chute : quand consulter

Même si la chute semble sans conséquence, des symptômes peuvent apparaître ensuite : douleur, malaise, gonflement d'une articulation, hématome. Il faut alors consulter le médecin traitant, indique l'Assurance maladie.

Une chute n'est jamais à minimiser. Le portail Pour les personnes âgées cite plusieurs causes possibles : troubles de la vue ou de l'audition, équilibre, muscles ou articulations, dénutrition ou déshydratation, problème cardiaque ou neurologique, logement inadapté, médicament qui ne convient plus. Consulter est indispensable pour en chercher la cause.

La Haute Autorité de santé (HAS) conseille de prévenir son médecin en cas de chute, d'instabilité ou de peur de tomber. Elle qualifie de graves :

  • une chute qui s'ajoute à une autre dans l'année ;
  • une chute qui nécessite une hospitalisation ou une intervention médicale ;
  • une chute suivie de plus d'une heure passée au sol, faute de pouvoir se relever ;
  • une chute chez une personne fragile ;
  • une chute sans cause évidente, qui peut faire suspecter une perte de connaissance.

Lors de la consultation, le médecin observe la marche et l'équilibre, examine les pieds et peut demander un avis ophtalmologique ou un bilan de l'audition. Dites-lui combien de fois la personne est tombée et si elle a peur de marcher : selon la HAS, cette peur peut conduire à limiter ses déplacements et ses relations sociales.

Prévenir la prochaine chute : pièce par pièce

Le portail officiel le rappelle : mieux vaut anticiper que d'aménager dans l'urgence. Voici les points de vigilance.

PièceRisqueGeste de prévention
Couloirs, entréeObjets et câbles dans le passage, zones d'ombreLibérer les passages, fixer les fils au mur, multiplier les points lumineux
Salon, chambreTapis aux bords relevés, parquet glissant, lit ou fauteuil basRetirer ou fixer les tapis, chaussons antidérapants, rehausser le lit, fauteuil haut
EscalierMarches mal repérées, pas d'appuiMains courantes, nez de marches antidérapants, bande claire sur le bord des marches
CuisineObjets trop hauts, plan de travail mal éclairéRanger à portée de main, éclairer le plan de travail
Salle de bainsSol mouillé, baignoire ou douche glissanteRevêtement antidérapant, barres d'appui bien fixées, siège de douche mural
ToilettesDifficulté à s'asseoir et à se releverBarre d'appui, rehausseur de toilettes (10 à 15 cm)
NuitTrajet dans le noirChemin lumineux, téléphone à portée de main

Pour monter, l'Assurance maladie accepte un petit escabeau de 2 à 3 marches antidérapantes, et conseille de se lever lentement du lit ou d'une chaise. Côté lumière, l'ophtalmologue interrogé par le portail officiel recommande de multiplier les sources et de soigner les zones de circulation la nuit.

Chaussures, vue, audition, activité physique

  • Chaussures. À la bonne pointure, qui tiennent bien le pied, avec des talons larges et bas (2 à 3 cm) et des semelles fines, fermes et antidérapantes, selon l'Assurance maladie. La HAS ajoute de faire contrôler les pieds au moins une fois par an.
  • Vue et audition. Une baisse de la vue (cataracte, glaucome) est un facteur de risque de chute : un suivi ophtalmologique et un suivi de l'audition sont recommandés.
  • Activité physique. L'Assurance maladie suggère par exemple de marcher au moins 30 minutes par jour, avec l'accord du médecin. Pour les 65 ans et plus, les recommandations reprises par la HAS visent des activités qui travaillent l'équilibre et la force, au moins trois fois par semaine, dans la limite de ses capacités. L'apprentissage du relever du sol doit en faire partie.

En Île-de-France, l'ARS a développé en 2020 un programme de prévention intitulé « Garder l'équilibre », repris à partir de 2021 par l'association Gérond'if.

Médicaments : faire le point avec le médecin

Certains traitements agissent sur l'équilibre et la vigilance. L'Assurance maladie cite par exemple les somnifères, les anxiolytiques et les antiarythmiques, et souligne que les interactions sont à surveiller à partir de quatre médicaments ou plus. Parlez à votre médecin ou à votre pharmacien de tout ce qui est pris, y compris sans ordonnance, et ne modifiez jamais un traitement de vous-même.

Téléassistance et aides techniques

L'Assurance maladie conseille, si possible, une téléassistance pour prévenir un proche ou les secours. Pour les déplacements, le portail officiel cite la canne, le déambulateur ou la rampe d'accès, en insistant sur l'accompagnement au bon usage. Les CICAT et les EQLAAT donnent gratuitement des conseils et permettent d'essayer du matériel ; un ergothérapeute libéral peut aussi aider.

Quelles aides pour financer ?

  • MaPrimeAdapt' finance des travaux comme le remplacement d'une baignoire par une douche de plain-pied, pour les propriétaires occupants et les locataires du parc privé, sous conditions de revenu et d'âge ou de situation (par exemple, 70 ans ou plus). Le portail indique jusqu'à 70 % du projet, avec un plafond de travaux subventionnables de 22 000 € HT. France Rénov' répond au 0808 800 700.
  • L'APA à domicile : le plan d'aide peut inclure du matériel (barres d'appui, chemins lumineux), la téléassistance ou des travaux d'aménagement. Elle suppose 60 ans ou plus et un GIR de 1 à 4. Voir APA à domicile : ce qu'elle finance vraiment et la grille AGGIR et le GIR.
  • Les caisses de retraite et les collectivités proposent parfois des aides, sous conditions locales.

Conditions et montants évoluent : vérifiez-les avant d'engager des travaux.

Réduire le risque et réagir plus vite : ce que nous pouvons organiser

La prévention des chutes repose sur plusieurs leviers. Selon la situation de votre proche, nous aidons les familles de Paris et d'Île-de-France à en mettre en place plusieurs :

Quand les chutes se répètent : ne pas rester seul

Au retour d'une hospitalisation, voyez organiser l'aide en 48 h. Si les nuits vous inquiètent, la garde de nuit fait le tour des options. Pour une vue d'ensemble, voyez la check-list du maintien à domicile.

Solution Autonomie aide les familles de Paris et d'Île-de-France à trouver des aidants, à coordonner leurs interventions et à monter les dossiers d'aides. Nous n'apportons pas de soins médicaux.

Pour estimer le reste à charge d'une aide à domicile, essayez notre simulateur de coût, et consultez notre page Aides financières pour personnes âgées.

Questions fréquentes

Que faire si une personne âgée est tombée et ne peut pas se relever ?

Il faut obtenir de l'aide. L'Assurance maladie indique d'appuyer sur le médaillon de téléassistance si la personne en a une, de composer le 112 avec un portable, ou d'appeler le 15 depuis un téléphone fixe. En attendant les secours, la personne peut se mettre dans la position la plus confortable, surélever sa tête et se couvrir.

Faut-il consulter après une chute sans gravité apparente ?

Il est conseillé d'en parler au médecin traitant. L'Assurance maladie signale que des symptômes (douleur, malaise, gonflement d'une articulation, hématome) peuvent apparaître ensuite. Le portail Pour les personnes âgées précise que consulter est indispensable pour chercher les causes de la chute et éviter qu'elle se reproduise.

Quelles chutes sont considérées comme graves ?

Selon la Haute Autorité de santé, il s'agit notamment des chutes répétées, de celles qui justifient une hospitalisation ou une intervention médicale, de celles suivies de plus d'une heure passée au sol faute de pouvoir se relever, des chutes chez une personne fragile et des chutes sans cause évidente pouvant faire suspecter une perte de connaissance.

Comment réduire le risque de chute à la maison ?

Les pages officielles recommandent de libérer les passages, de retirer ou fixer les tapis, de bien éclairer les zones de circulation, d'installer des barres d'appui et des mains courantes, de sécuriser la salle de bains, de choisir des chaussures qui maintiennent le pied et de pratiquer une activité physique régulière.

Les médicaments peuvent-ils favoriser les chutes ?

Oui. L'Assurance maladie indique que de nombreux traitements, comme les somnifères, les anxiolytiques ou les antiarythmiques, peuvent avoir des répercussions sur l'équilibre et la vigilance. Il faut parler à son médecin ou à son pharmacien de tous les médicaments pris, y compris sans ordonnance, et ne rien modifier sans son avis.

Quelles aides existent pour adapter le logement ?

Le portail Pour les personnes âgées cite MaPrimeAdapt' pour les travaux d'adaptation, les aides des caisses de retraite, celles des collectivités territoriales et des aides fiscales. L'APA à domicile peut aussi financer du matériel, la téléassistance ou des travaux d'aménagement, selon le plan d'aide.

Sources

Besoin d'aide pour organiser le maintien à domicile ?

Notre équipe en Île-de-France coordonne l'ensemble des intervenants. Appelez-nous ou réservez un créneau gratuit de 20 minutes.

Choisir un créneau — appel gratuit